Regroupement québécois des CALACS
 

La réalité des agressions sexuelles

En résumé

Tiré de la première partie de Les agressions sexuelles: ça suffit!



En 1992, près de 4 410 agressions sexuelles ont été signalées aux autorités policières du Québec. Au Canada, 34 352. 

Les statistiques officielles sont toutefois de piètres indicateurs. Les différents sondages sur la victimisation au Canada indiquent que les agressions sexuelles font partie des crimes les moins dénoncés. Selon l'enquête nationale de Statistiques Canada de 1993 sur la violence faite aux femmes, 3% des femmes du Québec ont été victimes d'agressions à caractère sexuel au cours des douze derniers mois précédant l'enquête. En se basant sur la population féminine du Québec en 1991 et en appliquant le taux d'incidence de 3% avancé par l'enquête, on estime qu'environ 86 952 Québécoises âgées de 15 ans et plus seraient victimes d'agressions à caractère sexuel chaque année.

Il est généralement accepté d'avancer qu'une femme sur quatre a subi viol et agression sexuelle au cours de sa vie. Au Canada, il se commet une agression sexuelle toutes les 17 minutes. Les femmes handicapées sont près de deux fois plus susceptibles d'être victimes d'agression et d'exploitation sexuelle. L'incidence de la violence chez les femmes et les enfants autochtones est particulièrement élevée.

Malgré le fait que des femmes de tous les âges signalent quotidiennement des gestes d'agression, 52% des femmes qui ont fait appel aux CALACS dans la dernière année sont dans les groupes d'âge des 12-17 ans ou des 18-30 ans. L'hypothèse à l'effet que les femmes plus âgées hésitent davantage à signaler les crimes de violence sexuelle dont elles auraient été victimes à l'âge adulte est également un élément d'explication à retenir. 

Environ 92% des agressions signalées dans les CALACS sont commises par un agresseur connu de la victime; plus de 10% des agressions signalées sont des viols collectifs (deux agresseurs et plus). Certaines études avancent le chiffre de 30%.

L'agression sexuelle touche, bien entendu, les femmes qui en sont les victimes directes. Mais elle atteint plus largement l'ensemble des femmes. Un sondage canadien indique que 56% des femmes vivant en milieu urbain ont peur comparativement à 18% des hommes. 

La violence sexuelle explique l'origine de plusieurs problèmes sociaux  :
 
 

  • les femmes agressées sexuellement sont huit fois plus susceptibles de faire des tentatives de suicide et cinq fois plus susceptibles de faire une dépression nerveuse; elles consomment davantage de somnifères et de sédatifs que les « non-victimes »;

  •  

  • une récente étude auprès de femmes hospitalisées en psychiatrie révèle que 37% ont dévoilé avoir été victimes d'abus sexuel durant l'enfance et 38% d'entre elles ont été victimes de viol ou de tentative de viol à l'âge adulte;

  •  

  • il existe un lien étroit entre la violence sexuelle pendant l'enfance et la prostitution à l'adolescence ou à l'âge adulte.
Une agression sexuelle implique que notre vie a été en danger, que notre intimité et notre intégrité physique et mentale ont été bafouées. Les mots, les études, les analyses ne suffisent pas pour décrire la souffrance des femmes et des enfants.
 
 
 

 Consultez aussi le résumé de 

  Les CALACS: ce qu'ils sont, ce qu'ils font


 

[Début de la page] [Table des matières]
[1ère partie du document] [2è partie du document