Qu'attend le gouvernement canadien pour rapatrier Nathalie Morin et ses enfants ?
Jeudi, le 13 mai 2010 – À l’occasion de leur audition devant le Sous-comité des droits internationaux de la personne de la Chambre des communes, les membres du Comité de soutien à Nathalie Morin dénoncent l’inaction du Ministre des affaires étrangères Lawrence Cannon, et son refus de négocier avec le gouvernement saoudien pour le rapatriement de Nathalie Morin et de ses 3 enfants, séquestrés en Arabie saoudite depuis décembre 2005.
Nathalie Morin est cette jeune canadienne de 26 ans, détenue contre son gré dans ce pays par un conjoint violent qui l’enferme, la bat, la viole et maltraite les enfants. « Chaque jour qui passe, je suis terriblement inquiète. La sécurité de ma fille est menacée, son état psychologique et physique de même que celui des enfants se détériorent et le ministre Lawrence Cannon continue de considérer cette situation comme une " affaire privée ", justifiant ainsi l’inaction honteuse du gouvernement canadien à les rapatrier sans délai. C’est non seulement inacceptable, c’est inhumain » a déclaré la mère de Nathalie Morin et présidente du Comité, Mme Johanne Durocher, lors d’un point de presse au Parlement.
La violence conjugale, les agressions à caractère sexuel, les mauvais traitements faits aux enfants, ne sont pas des affaires privées. Depuis plus de 20 ans, ils sont reconnus comme des problèmes sociaux, voire comme des actes criminels au Canada. « En considérant la situation de Nathalie Morin comme une “ affaire privée”, le Canada place cette citoyenne canadienne et ses enfants dans une situation de non-droit, et les abandonne à leur triste sort » a affirmé Mme Rosa Pires, du Regroupement québécois des CALACS. « La reconnaissance et la protection des droits humains s’arrêtent-elles à la frontière du couple et de la famille ? Le ministère des affaires étrangères semble appliquer un double standard en matière de protection des ressortissants canadiens détenus à l’étranger avec pour effet de priver de leurs droits humains les plus fondamentaux des femmes détenues civilement par leur conjoint, comme Nathalie Morin, qui sont victimes de violence conjugale et d’agression sexuelle » a ajouté Mme Pires.
Selon le Comité de soutien à Nathalie Morin, la situation de cette canadienne est assimilable à celle d’un otage puisque non seulement Monsieur Saeed Al Sharahni la séquestre, elle et les enfants, dans un appartement, mais il a demandé directement aux représentants de l’ambassade canadienne $ 300 000 US en échange de leur liberté. Les preuves de violences et de mauvais traitements ne manquent pas, et les représentants des affaires étrangères ont reçu plusieurs plaintes écrites et verbales de Nathalie attestant de sa situation dramatique au cours des dernières années. Le Comité de soutien à Nathalie Morin présentera ces preuves cet après-midi au Sous-comité des droits internationaux de la personne. Des représentants et représentantes des groupes de femmes et des trois partis d’opposition à la Chambre des communes seront présents à la conférence de presse en appui à cette cause.
Le comité organise ensuite une action devant le Parlement à Ottawa pour dénoncer l’inaction des autorités canadiennes et demander, une fois de plus, au gouvernement de Stephen Harper de négocier sans délai avec le gouvernement saoudien le rapatriement de Nathalie Morin et de ses trois enfants, toujours séquestrés et maltraités en Arabie Saoudite.