Policiers de la SQ sous enquête pour agressions sexuelles commises contre des femmes autochtones à Val-d'Or

22 octobre 2015

Communiqué pour diffusion immédiate.

Rapports de pouvoir et blessures coloniales

Montréal, 22 octobre 2015 - Il y a un an, alors que le mouvement #AgressionNonDénoncée battait son plein, une question était sur toutes les lèvres : « mais pourquoi ne dénoncent-elles pas leurs agresseurs? » Les femmes qui ont osé prendre la parole, à visage ouvert, lors de l’émission Enquête (Radio-Canada, 22 octobre) nous donnent une partie de la réponse.  « Les agressions sexuelles s’inscrivent dans un rapport de pouvoir où l’agresseur occupe bien souvent une position d’autorité » rappelle Nathalie Duhamel, coordonnatrice du Regroupement des Calacs. Pensons aux trop nombreux cas d’inceste, mais également aux agressions par des entraîneurs, le personnel de soin ou comme le cas Aubut le rappelait récemment, au travail, par des supérieurs hiérarchiques.

Le rapport entre un policier et une citoyenne relève nécessairement du rapport d’autorité. Dans un Canada qui peine à panser ses blessures coloniales, les relations entre un policier non autochtone et une femme autochtone risquent en outre de refléter un rapport de pouvoir historique si ce n’est dans certains cas, un racisme ouvert.   À Val-d’Or, huit policiers de la Sécurité du Québec sont sous enquête pour agressions sexuelles. Quelques pommes pourries? Une seule suffirait à pourrir la relation de confiance entre la police et des communautés historiquement malmenées. La Commission de vérité et de réconciliation nous l’a démontré, les blessures sont profondes.   Pour un cœur en souffrance, les pensionnats n’ont jamais fermé complètement leurs portes.   La relation de confiance entre les peuples autochtones et les autorités restent à construire.

Mais pourquoi ne dénoncent-elles pas leurs agresseurs?  « Parce qu’elles craignent de ne pas être crues, parce qu’elles ont peur des conséquences » réponds Nathalie Duhamel dont le Regroupement a récemment lancé la campagne #OnVousCroit pour souligner l’importance pour les survivantes d’être crues au moment de leur dévoilement à des proches ou de leur dénonciation aux autorités.

Il y a près de deux ans, les intervenantes d’Assaut Sexuel Secours, le Calacs de Val-d’Or, avaient accompagné des femmes autochtones dans leur démarche pour porter plainte. Difficile d'avoir suffisamment de preuves pour que la plainte soit retenue. La victime d’une agression sexuelle est souvent le seul témoin du crime. C’est sa parole contre celle de l’agresseur, dans ce cas, celle d’un policier, le collègue de celui qui reçoit la plainte. Le Bureau d’enquête indépendant promis par le gouvernement Couillard, permettra, espérons-le, de miner l’impunité policière, mais il nous faudra une volonté politique beaucoup plus forte pour terminer avec des rapports de pouvoir qui cimentent la fondation même du pays. L’enquête indépendante sur les violences envers les femmes autochtones sera un premier pas dans cette direction, la mise sur pied d’un plan d’action national en agression sexuelle avec un volet spécifique pour les communautés autochtones en est un autre tout comme le serait la reconnaissance et le financement des groupes de femmes autochtones.

#OnVousCroit

SOURCE Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) www.rqcalacs.qc.ca ; Facebook  On Vous Croit  #OnVousCroit


Contacts :  
Nathalie Duhamel, coordonnatrice, RQCALACS, cell. : 514 346-5252
Bianca Bernier Brassard, intervenante, Assaut Sexuel Secours, Val d’Or : 819 825-6968

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