Pierre-Hugues Boisvenu et le gouvernement Harper veulent-ils vraiment aider les victimes d’actes criminels?

07 mars 2012

Les oreilles nous chauffent à entendre les dernières déclarations du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu! Le fait que l’homme se soit rétracté n’apaise pas notre indignation. Le sénateur Boisvenu prétend parler au nom de l’ensemble des victimes en se faisant passer pour leur grand défenseur. Le problème c’est que le discours de droite de monsieur Boisvenu, ainsi que celui du gouvernement Harper, ne colle pas à celui des femmes victimes que nous rencontrons depuis trente ans dans notre Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS).

Au CALACS – La Maison ISA, nos nombreuses années de pratique auprès des femmes et adolescentes ayant subies des agressions sexuelles nous ont appris que les victimes qui choisissent d’en appeler au processus judiciaire ne le font pas pour réclamer vengeance. Leurs motivations sont plutôt d’empêcher que l’agresseur recommence et que la société reconnaisse le(s) crime(s) qu’elles ont vécus. L’intervention auprès des victimes nous apprend aussi que les personnes qui ont subi de la violence veulent principalement retrouver une vie normale et préfèrent investir leur énergie pour elle-même : développer des habilités pour affronter les moments de crise, chasser la honte, exprimer la colère, réapprendre à faire confiance, reprendre du pouvoir sur sa vie, etc. Pousser l’agresseur au suicide n’a jamais été une stratégie envisagée par aucune d’entre elles.

Pour justifier ses propos, monsieur Boisvenu fait notamment référence à l’affaire Pickton. Cette affaire, il est vrai, a fait plusieurs victimes, majoritairement des femmes des premières nations. Or, il nous semble que l’approche autochtone en matière de justice n’a jamais fait la promotion de la loi du talion. C’est plutôt le rétablissement de l’équilibre, la guérison individuelle et collective des victimes qui sont promus.

En tant qu’organisation féministe, nous nous opposons à la mise en place de mesures répressives telles que proposées par le gouvernement Harper avec le projet de loi C-10 sur la lutte à la criminalité. En effet, de nombreuses études démontrent que les mesures de répression du crime ne dissuadent pas les criminels. Nous savons également que la criminalité est en baisse au pays. Bref, le projet de loi C-10 ne propose pas de véritables solutions afin d’aider les victimes et de prévenir les agressions.

Nous sommes donc très perplexes lorsque monsieur Harper, qui se porte à la défense de son sénateur, dit que son « gouvernement existe pour aider les victimes ». Si c’était vraiment le cas, voici ce qui serait à faire : privilégier l’approche préventive aux mesures répressives qui ne donnent aucun pouvoir aux victimes, attribuer les fonds nécessaires aux organismes dont la mission est de défendre les droits des victimes, consulter réellement ces organismes avant de légiférer sur des lois les concernant, améliorer le traitement judiciaire des dossiers d’agressions sexuelles impliquant des victimes adultes.

Geneviève Larouche et Carole Tremblay, intervenantes au CALACS-La Maison ISA

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C’est avec déception que nous avons pris connaissance du reportage où est diffusé un extrait d’une animation tirée du programme Empreinte – Agir ensemble contre les agressions à caractère sexuel. Le traitement médiatique qui a été réservé à ce thème délicat mais ô combien essentiel, met en lumière les défis que rencontrent les initiatives de prévention et de sensibilisation dans un contexte où les mythes et préjugés prennent parfois le dessus sur les droits de chacun et chacune de vivre une vie exempte de violence.

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Le RQCALACS offre un contrat d’un an, avec possibilité de renouvellement, à une agente de liaison responsable du volet prévention des agressions à caractère sexuel qui coordonnera le déploiement du programme Empreinte et participera aux initiatives visant la prévention des agressions à caractère sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur.

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Montréal, 14 décembre 2017. Appuyé par des groupes sociaux, un avocat demande une révision judiciaire pour que trois victimes d’actes criminels puissent conserver les indemnités reçues, en ce moment absorbées injustement par l’aide sociale.

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